Les porteurs de projets

Il existe différents types de porteurs de projets de méthanisation :

  • Les agriculteurs, seuls ou regroupés en collectif, représentent la majorité des porteurs de projet. La méthanisation est une activité annexe à leur activité première qui leur permet de valoriser les déchets agricoles et d’élevage afin de produire, d’une part, de l’énergie en tant que source de revenu complémentaire et, d’autre part, du digestat pour la fertilisation de leurs cultures.
  • Les groupes de citoyens qui peuvent être porteur de projet de méthanisation lorsqu’ils jugent intéressant de valoriser les déchets organiques de leur territoire.
  • Les industriels, notamment dans les secteurs agroalimentaires, papetiers et chimiques, qui peuvent être porteurs de projet pour valoriser leurs déchets organiques.
  • Les entreprises spécialisées qui peuvent développer des projets en rassemblant les matières organiques d’un territoire.
  • Les collectivités souhaitant valoriser les déchets organiques de leurs administrés ou les boues produites dans les stations d’épuration et pour lesquelles la méthanisation est une solution de valorisation.

Déroulement d’un projet

La phase de réflexion initiale dure au moins un an. Elle permet au(x) porteur(s) de projet d’en déterminer les principales caractéristiques : le type et le volume d’intrants, les acteurs impliqués, le mode de valorisation du biogaz et la zone d’implantation de l’unité. Cette phase de réflexion est essentielle pour qu’un porteur de projet responsable et impliqué monte un projet durable et réussi.

Le développement se poursuit durant un ou deux ans avec des études plus détaillées, souvent réalisées par des bureaux d’études. S’y ajoutent des démarches administratives : démarches ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) auprès de la préfecture, demande d’agrément sanitaire en cas de traitement de sous-produits animaux, demande de permis de construire auprès de la mairie et plan d’épandage du digestat.

C’est aussi pendant la phase de développement que le porteur de projet organise son financement, en recourant souvent à un crédit bancaire. Celui-ci peut être complété par des subventions publiques (notamment de l’ADEME, des régions, ou par des fonds européens comme le FEDER), du financement participatif des citoyens ou des investissements en fonds propres. Les investissements seront rémunérés par la vente de l’énergie produite à un tarif fixe, déterminé lors de la signature du contrat d’achat.

Le chantier peut enfin commencer, pour une durée d’un an environ. Il mobilise différents corps de métier qui se complètent (génie civile, BTP, etc.). Le porteur de projet de l’unité de méthanisation doit suivre en continu le bon déroulement des travaux. C’est une période propice à la formation du personnel (porteur de projet et équipe exécutante).

Mise en service et exploitation de l’unité de méthanisation

Lorsque tous les bâtiments et équipements sont installés, l’unité doit faire l’objet d’essais et de contrôles afin de vérifier que tout est en ordre. Le site est inauguré à sa mise en service lorsque le digesteur est progressivement alimenté et que le biogaz commence à être valorisé. Lors de son exploitation, l’unité de méthanisation peut mettre en place des journées portes ouvertes afin de présenter l’installation au grand public et de rassurer les riverains.

Le dialogue

Le porteur de projet peut choisir d’impliquer les riverains en les associant à des réunions de concertation tout au long du développement, bien qu’il n’ait pas d’obligation de communiquer en-dehors de la démarche d’enquête publique associée au régime d’autorisation ICPE. Le porteur de projet dialogue alors avec l’ensemble des parties prenantes (citoyens, collectivités, associations…) à différentes étapes du projet.

Dès les premières étapes de réflexion, il est conseillé d’informer le public afin de présenter les enjeux du projet, l’impact sur l’aménagement paysager et les risques potentiels. A noter également que les installations soumises à autorisation dans le cadre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, sont dans l’obligation de réaliser une enquête publique plus approfondie pour recueillir l’avis de toutes les parties prenantes et surtout des riverains.